3 déc. 2019

Retraites et autres...: Motion de l'AFEA (Association Française d'Etudes Américaines)


1) Le bureau de l'AFEA s'oppose absolument, dans le cadre des formations en licence, à la certification obligatoire en anglais par des organismes privés (TOEIC, TOEFL, etc.) Il s'oppose à un tel transfert de fonds publics vers le privé, d'une part, et ceci, alors que le gouvernement asphyxie les universités sur un plan budgétaire. Il s'oppose d'autre part à cette atteinte au plurilinguisme, la certification étant prévue en anglais uniquement pour toutes les licences. L’AFEA se mobilisera sur ce point au sein du GALET. Le bureau de l'AFEA réaffirme que la certification publique CLES, délivrée par nous, quelle que soit la langue, doit rester la règle et que l'argent public doit servir à financer le service public d'enseignement et de recherche.
 
2) Le bureau de l'AFEA exprime sa très vive inquiétude face au projet de loi sur les retraites. Les simulations font apparaître, pour l'ensemble des enseignant.e.s et enseignant.e.s-chercheur.e.s, de très fortes diminutions du montant de la retraite si ce projet s'appliquait. D’une part, car comme les enseignant.e.s et enseignant.e.s chercheur.e.s entrent tard dans la profession, du fait d’études longues, et peinent à obtenir tous leurs trimestres, ils et elles subiront une décote encore plus importante à l’avenir. D'autre part, ce projet éliminerait la seule provision qui garantit des retraites décentes aux fonctionnaires dans leur ensemble : partir avec 3/4 du dernier salaire. Nous sommes beaucoup moins payés que les salariés du privé, à qualification égale, et le point d'indice a été constamment gelé, aggravant encore notre perte de pouvoir d'achat et la diminution du montant de la retraite elle-même. Si désormais la retraite était calculée comme dans le privé, non pas sur le dernier salaire mais sur deux décennies de salaires, ce sont des baisses de l'ordre de 20 à 40% du montant des pensions qui s'annonceraient. Les femmes sont particulièrement pénalisées, du fait de revenus moindres et d'une prise en compte moindre de la maternité. Ceci concerne très directement tous les membres en activité de l'AFEA et les membres futurs : qui voudra encore embrasser notre carrière dans ces conditions ?
 
3) Le bureau de l'AFEA, ayant pris connaissance du projet de loi de programmation sur l'Enseignement supérieur et la recherche (ESR), s'oppose à toute remise en question du statut national des enseignant.e.s chercheur.e.s, comme à toute remise en question de la qualification par le CNU, seul gage de ce statut national. Il s'oppose à toute augmentation de la précarité dans l'enseignement supérieur, déjà très touché par la contractualisation là où il faudrait la création massive de postes de fonctionnaires (enseignant.e.s-chercheur.e.s et BIATSS). Il rejette toute modulation des services sans accord de l'intéressé-e et s'indigne que le gouvernement menace désormais de ne plus compenser le GVT (glissement vieillesse technicité), c'est-à-dire l'augmentation mécanique de la masse salariale avec l'avancement à l'âge et les promotions. C'est toute notre profession qui est attaquée par ce projet de loi, qui cherche à précariser les jeunes docteur.e.s à la manière de certaines pratiques en vigueur dans le monde anglophone. Le bureau de l'AFEA encourage ses membres à se mobiliser pour défendre leur statut, leurs droits, et le service public d'enseignement supérieur et de recherche partout sur le territoire.
 
4) Le bureau de l'AFEA rappelle qu'il s'oppose au chantage selon lequel les universités n'ont qu'à compenser le désengagement de l'État par  la hausse des frais d'inscription pour les étudiant.e.s d'origine extra communautaire. Il rappelle que ce gouvernement a préféré abolir l'ISF et maintenir le CIR et le CICE, organisant donc le transfert massif d'argent public vers les plus riches contribuables et vers les entreprises privées, plutôt que de financer l'université de manière pérenne.

26 nov. 2019

Petit mot de l'Académie française

Pourcent au lieu de Pour cent

Le 4 avril 2019
La locution pour cent, précédée d’un nombre cardinal, indique que le rapport entre deux grandeurs dénombrables est exprimé par une fraction ayant cent pour dénominateur. La réduction à cent de ce dénominateur permet de se faire beaucoup plus facilement une idée de ce rapport qu’avec les chiffres originaux. On se représente mieux 51,64 % des voix que 18 000 668 voix sur 34 861 353. Mais, si on l’écrit en toutes lettres, il convient de ne pas faire de faute d’orthographe dans cette locution, que l’on doit orthographier, en séparant les deux mots, pour cent et non, sans doute par analogie avec le nom pourcentage, pourcent. Cette remarque vaut également pour le tour moins employé pour mille.
On écrit
On n’écrit pas
Quinze pour cent des élèves ont obtenu une mention
Un taux de mortalité de trois pour mille
Quinze pourcent des élèves ont obtenu une mention
Un taux de mortalité de trois pourmille

27 mars 2019

“The experience of Negroes in America has been different in kind, not just in degree, from that of other ethnic groups (...) These differences in the experience of the Negro make it difficult for me to accept that Negroes cannot be afforded greater protection under the Fourteenth Amendment where it is necessary to remedy the effects of past discrimination.”
                                                                         
                                                           Thurgood Marshall, 1978

Could you pass this test given to black people registering to vote in America in 1964?


Exemples of literacy tests in the Jim Crow South

 Alabama:
A white applicant might be given this passage: 
"SECTION 20: That no person shall be imprisoned for debt."

Whereas a black applicant would be told to read something like this out loud: 

"SECTION 260: The income arising from the sixteenth section trust fund, the surplus revenue fund, until it is called for by the United States government, and the funds enumerated in sections 257 and 258 of this Constitution, together with a special annual tax of thirty cents on each one hundred dollars of taxable property in this state, which the legislature shall levy, shall be applied to the support and maintenance of the public schools, and it shall be the duty of the legislature to increase the public school fund from time to time as the necessity therefor and the condition of the treasury and the resources of the state may justify; provided, that nothing herein contained shall be so construed as to authorize the legislature to levy in any one year a greater rate of state taxation for all purposes, including schools, than sixty-five cents on each one hundred dollars’ worth of taxable property; and provided further, that nothing herein contained shall prevent the legislature from first providing for the payment of the bonded indebtedness of the state and interest thereon out of all the revenue of the state."

Read more: https://metro.co.uk/2017/09/20/could-you-pass-this-test-given-to-black-people-registering-to-vote-in-america-in-1964-6941338/?ito=cbshare


Take The Near Impossible Literacy Test Louisiana Used to Suppress the Black Vote (1964)