4 nov. 2020
1 oct. 2020
Tribune parue dans le Monde daté du mardi 29 septembre 2020
Sortir l’Université de l’ornière
A l’Université, la rentrée prend des airs de cauchemar. Nous payons le fait qu’en dix ans, l’ensemble des instances locales de délibération et de décision, qui auraient été à même de réagir au plus près des problèmes à anticiper, ont été privées de leurs capacités d’action au profit de strates bureaucratiques. Le pouvoir centralisé de celles-ci n’a d’égal que leur incapacité à gérer même les choses les plus simples comme l’approvisionnement en gel hydroalcoolique et en lingettes. Le succès instantané du concept de “démerdentiel” est un désaveu cinglant pour ces managers qui ne savent que produire des communiqués erratiques jonglant entre rentrée en “présentiel” et en “distanciel”.
On sait pourtant à quelles conditions les universités, loin de devenir des foyers de contagion, auraient pu contribuer à endiguer la circulation du virus : des tests salivaires collectifs pour chaque groupe de travaux dirigés (TD), comme pratiqués à Urbana Champaign aux Etats-Unis; la mise à disposition de thermomètres frontaux ; une amélioration des systèmes de ventilation de chaque salle et de chaque amphi, avec adjonction de filtres HEPA et de flash UV si nécessaire ; l’installation de capteurs de qualité de l’air dans chaque pièce, avec un seuil d’alerte ; la réquisition de locaux vacants, et le recrutement de personnel pour dédoubler cours et TD, partout où cela est nécessaire. Les grandes villes ne manquent pas d’immeubles sous-exploités, souvent issus du patrimoine de l’Etat, qui auraient pu être très vite transformés en annexes universitaires. De brillants titulaires d’un doctorat capables d’enseigner immédiatement à temps plein attendent, par milliers, un poste depuis des années. Tout était possible en l’espace de ces huit derniers mois, rien n’a été fait.
De prime abord, on serait tenté d’attribuer ce bilan au fait que la crise sanitaire, inédite, a pris de court les bureaucraties universitaires, très semblables à celles qui, depuis vingt ans, entendent piloter les hôpitaux avec le succès que l’on a vu. Mais une autre donnée vient éclairer cette rentrée d’un nouveau jour : l’Université accueille 57 700 nouveaux étudiants, sans le moindre amphithéâtre ni la moindre salle supplémentaire, sans le moindre matériel, sans le plus petit recrutement d’universitaires et de personnel administratif et technique. Ces trois dernières années, le budget des universités a crû de 1,3% par an, ce qui est inférieur à l’effet cumulé de l’inflation et de l’accroissement mécanique de la masse salariale, connu sous l’acronyme de GVT. D’aucuns se prévaudront sans doute de l’“effort sans commune mesure depuis 1945” qu’est censée manifester la loi de programmation en discussion à l’Assemblée. Las : elle prévoit un accroissement du budget universitaire pour les deux dernières années de quinquennat de 1,1% par an… Du reste, les 8,2 milliards € d’abondement sur dix ans du budget de l’Université proviennent des 11,6 milliards € qui seront prélevés dans les salaires bruts des universitaires, en application de la réforme des retraites.
Il y a quinze ans, les statistiques prévisionnelles de l’Etat annonçaient que la population étudiante allait s’accroître de 30% entre 2010 et 2025, soit 400 000 étudiants en plus, pour des raisons démographiques et grâce à l’allongement de la durée des études. On aurait donc largement pu anticiper ces 57 700 nouveaux étudiants. Mais rien n’a été fait là non plus, hormis annoncer des “créations de places” jamais converties en moyens.
Le pic démographique n’est pas derrière nous ; nos étudiants sont là pour plusieurs années ; les gestes barrières pourraient devoir être maintenus durablement. Le ministère ne peut pas persévérer comme si de rien n’était, voire arguer qu’il est déjà trop tard. Face à cette situation désastreuse, nous demandons une vaste campagne de recrutement de personnels titulaires dans tous les corps de métiers, tout en amorçant les réquisitions et réaménagements de locaux, afin d’aborder la rentrée 2021 dans des conditions acceptables.
Parallèlement, si nous ne voulons pas être en permanence en retard d’une crise, un saut qualitatif est nécessaire. Nous demandons donc, outre un plan d’urgence pour 2021, la création rapide de trois universités expérimentales de taille moyenne (20.000 étudiants), correspondant à ce qui aurait dû être fait pour accueillir 57.700 étudiants dans de bonnes conditions. Cela requiert le recrutement sous statut de 4.200 universitaires et 3.400 personnels d’appui et de soutien supplémentaires, soit un budget de 500 millions d’euros par an.
Nous avons besoin d’établissements à taille humaine, structurés en petites entités autonomes, mises en réseau confédéral, le cas échéant grâce au numérique ; des établissements qui offrent à notre jeunesse maltraitée des perspectives d’émancipation vis-à-vis du milieu d’origine et de la sclérose intellectuelle qui frappe le pays ; des établissements qui permettent une recherche autonome, collégiale et favorisant le temps long, ce qui nous a manqué dans l’anticipation et la prévention de la pandémie. Pour cela, nous préconisons l’installation de ces trois universités dans des villes moyennes, hors des métropoles, en prenant appui sur le patrimoine bâti abandonné par l’Etat et sur les biens sous-utilisés des collectivités. En effet, celles-ci possèdent d’anciens tribunaux, des garnisons voire des bâtiments ecclésiastiques qui tombent aujourd’hui en déshérence. Réinvesti par l’université, ce patrimoine retrouverait une utilité sociale. Sur la base des dépenses de l’Opération Campus, la construction de ces pôles dotés de résidences étudiantes en nombre suffisant nécessiterait un milliard d’euros d’investissement, à quoi il faudrait ajouter cent millions d’euros de frais de maintenance et d’entretien. C’est le prix pour s’extraire du cauchemar.
Le virus se nourrit de nos renoncements. Pour sortir les campus de l'ornière, nous devons retrouver l'ambition d’une université forte, exigeante, libre et ouverte.
Signataires :
Stéphane André, professeur en ingénierie, Université de Lorraine
Bruno Andreotti, professeur en physique, Université de Paris
Pascale Dubus, maître de conférences en histoire de l’art, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Julien Gossa, maître de conférences en informatique, Université de Strasbourg
Jacques Haiech, professeur honoraire en biologie, Université de Strasbourg
Pérola Milman, chercheuse en physique, CNRS-Université de Paris
Pierre-Yves Modicom, maître de conférences en linguistique, Université Bordeaux-Montaigne
Johanna Siméant-Germanos, professeure en sciences politiques, École Normale Supérieure.
Le collectif RogueESR
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19 sept. 2020
Ruth Bader Ginsburg, Supreme Court’s Feminist Icon, Is Dead at 87
30 juin 2020
Techniques de recherche de stages M1 2019-2020
1 - Quelques Rappels : Réglementation des Stages en France
GUIDE PRATIQUE DES STAGES ÉTUDIANTS (Ministère de l’enseignement supérieur)
Au secours, mon stage se passe mal, que faire ? (L’Etudiant.fr)
Peut-on rompre une convention de stage : Le Guide du stagiaire
Allemagne
Méthodologie du CV
CV et LM en français (M2)
Université de Lille
Purdue University Résumés; les exemples (chronological, skills and functional résumés) sont dans la catégorie "sample résumés"
Modèles de CV:
anglais communication
américain management
restauration
Méthodologie Cover Letter
How to write a succesful cover letter
examples of cover letters
Power words to use in a CV
16 juin 2020
9 mars 2020
Conférence: Servies publics, quelles résistances face aux néo-libéralisme?
Affiche :http://webmail-zimbra.univ-tours.fr/service/home/~/?auth=co&loc=fr_FR&id=4155412&part=2
Motion Coordination nationale des facs et labos en lutte
nationale des facs et labos en lutte. Y étaient représentées plus de 10
000 personnes présentes dans les AGs de 59 établissements
universitaires, 3 EPCST et du CNRS qui ont mandaté 500 délégué·e·s.
La motion suivante a été adoptée :
https://universiteouverte.org/2020/03/07/motion-de-la-deuxieme-coordination-nationale-des-facs-et-labos-en-lutte-reunie-les-6-et-7-mars-2020-a-nanterre/
27 févr. 2020
17 févr. 2020
11 févr. 2020
Droit-Langues 2020
Key Concepts
Présentation #1
Dred Scott
The Bill of Rights
The Supreme Court and Society
The Executive Branch
Congress (2019)
The Warren Court
Affirmative Action
Exemple de sujets:
10 févr. 2020
Civilisation Américaine LLCER L2
Brochure CM
PPT #1 Maps Colonial America
Crèvecoeur
Indian Removal
Manifest Destiny
Slavery (mis à jour 11/03)
Jim Crow
Imperialism
PRI L1 The American Century 2019
The Great Depression and the New Deal
The Cold War
Vietnam
Civil Rights
The 1950s - The War on Poverty
The US Economy since the 1980s
Foreign Policy 1990s
Sujet DT 2019:
6 févr. 2020
30 janv. 2020
Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR)
27 janv. 2020
Motion de l’AG du Département des Langues de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne - 21 janvier 2020*
Sorbonne, réuni.e.s en assemblée générale le mardi 21 janvier 2020, se sont
prononcé.e.s pour la poursuite de la mobilisation et de la grève.
De semestre en semestre, notre département connaît des conditions de
travail et d'étude dégradées : 1500 étudiant.e.s sans TD envoyé.e.s
d'office à l'examen terminal, une équipe enseignante composée d’une
centaine de vacataires pour seulement 70 titulaires, *statu quo* intenable
auquel s’est récemment ajoutée l’annonce qu’aucun poste de PRAG ne serait
créé pour la rentrée universitaire 2020-2021. Le manque de postes au
Département ne nous permet pas de répondre à la demande de TDs pour les
étudiant.e.s de tous les UFRs, et nous empêche donc d’offrir aux
étudiant.e.s un cours de langue auquel leur cursus leur donne pourtant
droit. Cette revendication n’est en rien nouvelle, mais elle a été ignorée
depuis des années par la Présidence de l’université.
Fort.e.s de ces constats, nous exigeons de réels changements, c'est-à-dire
une politique universitaire apportant des financements publics à hauteur
des besoins des étudiant.e.s. et des personnels.
En conséquence, tout au long de la semaine du 27 janvier et jusqu’à la
prochaine assemblée générale du Département des Langues, nous suspendons
nos activités habituelles, pour indiquer notre refus de continuer à essayer
de fonctionner avec des moyens insuffisants, ainsi que pour dégager du
temps et pouvoir nous investir dans les luttes en cours. Nous poursuivons
une rétention des notes déjà largement suivie. Nous cessons nos activités
d’enseignements et les tâches administratives suivantes (qui sont par
ailleurs non obligatoires dans le cadre de nos services) : coordination de
niveaux, recrutement de vacataires, délivrance d’attestations de niveau de
langue pour les départs à l’étranger et pour les candidatures aux masters
de l’université.
Le Département des Langues souhaite en outre :
- réaffirmer son opposition ferme à *l'adoption de la réforme des retraites
*ainsi qu'à l*'adoption du projet de loi de programmation pluri-annuelle de
la recherche* (LPPR)
- appeler à un *changement de cap* dans les politiques de l'enseignement
supérieur et de la recherche et de toutes les mesures ayant pour effet
d’aggraver la précarité et les inégalités chez les étudiant.e.s et
personnels des universités.
Pas de retrait, pas de rentrée.
Pas de postes, pas de rentrée.
Pas de plan anti-précarité, pas de rentrée.
Nous soutenons les grévistes d'autres secteurs en lutte. Nous condamnons
l’attitude répressive du gouvernement et les violences policières qui
visent à dissuader les personnels et étudiant.e.s de participer aux
manifestations. Nous appelons tous nos collègues de l’université Paris 1 à
participer aux assemblées générales, actions et manifestations, et à se
coordonner avec les autres universités pour généraliser la mobilisation.
Le Département des langues mobilisé